L'héraldique et le Griffon

L’héraldique est née des champs de bataille, sur l’écu des chevaliers. Son but était de les faire reconnaître à leurs décorations, car leurs visages étaient masqués par le heaume. Le souci constant qui résidait à cet art était celui de créer des signes distinctifs, assez simples et assez frappants, pour pouvoir être immédiatement aperçus et reconnus à distance.
 
Dans le symbolisme des animaux fabuleux, le Griffon est un être chimérique composé de la moitié supérieure d’un aigle et de la moitié inférieure d’un lion. Chacune de ces moitiés porte en elle-même la marque du métissage : la tête d’oiseau a des oreilles pointues ; la croupe de fauve, une queue basse et sans touffes.
 
Les griffons, que l’on écrivait autrefois « gryphons », passaient pour habiter les vastes montagnes des Indes ou de la Scythie. Synthèse du lion et de l’aigle, c’est le symbole d’une puissance mystérieuse. Le griffon vainc ou meurt. Mais sa nature hybride lui ôte sa noblesse.
 
Le griffon, finalement, représente la force magnétique implacable et cruelle, sans élan ni sentiment humain.
 
Il existait déjà dans la mythologie aryenne : Hindoue et Persane, d’où il est passé chez les Grecs et les Romains. Mais, quoi qu’il en soit, le griffon a toujours quelque chose d’immobile, de silencieux et d’énigmatique, qui le rapproche du chat.
 
L’héraldique lui a donné sa forme définitive que l’on trouve aussi bien sur l’écu qu’autour de celui-ci, en cimier et surtout en support.
 
Dans l’église Saint-Germain de Hanches existaient des vitraux, avec les armoiries de Anne de Champrond, femme de Jean de Gauville, et celles de Jeanne de Champrond, femme de René de Ligneris, toutes deux d’azur au griffon d’or. (La famille de Ligneris possédait vers cette époque la Seigneurie du Loreau en la Paroisse de Hanches).

Source : M. Roger VASSEUR, vice-président de la société généalogique d'Eure-et-Loir.