La fauvette grisette

Chaque mois, Michel Brugière vous propose un article dédié aux oiseaux de notre commune.  

  

 

Fauvette grisette (Sylvia communis)

La famille des Sylvidés est une famille de petits passereaux de l’Ancien Monde.

 

Taille : 14 cm
Envergure : 22 cm
Poids : 12 à 18 grammes
Longévité : 9 ans

 

Identification :

La Fauvette grisette est une fauvette de taille moyenne, élancée, reconnaissable à la teinte châtain clair de ses ailes. Cette couleur est surtout présente sur les tertiaires, les secondaires internes et les grandes couvertures, qui sont brun sombre mais présentent une large bordure externe châtain (partie visible des plumes). Le reste des parties supérieures est d’un brun moyen assez chaud.

Il existe un dimorphisme sexuel assez marqué. Le mâle nuptial a le dessus et les côtés de la tête ainsi que la nuque nettement gris clair, avec deux arcs oculaires blancs cerclant l’œil noisette.

La gorge blanche contraste bien avec les joues grises, en particulier pendant le chant lorsqu’elle est gonflée. Le bec est gris clair à la base. Les pattes sont claires, roses à brun rosé.

La femelle se distingue du mâle par l’absence de gris à la tête, qui est concolore avec le manteau.

 

 

 Chant et cris :

Le chant consiste en une petite phrase empressée de 3 à 4 secondes, à la fois mélodieuse et grinçante, dont le phrasé est propre à chaque mâle, mais dont la structure reste typique de l’espèce.

Un « djun » bas, émis isolément, peut être interprété comme un cri d’inquiétude lorsqu’on pénètre sur son territoire ; occasionnellement, un « tec » sec peut être entendu.

 

 

Habitat :

Cette espèce occupe des milieux ouverts très variés, toujours bien exposés. Ce sont principalement des zones incultes ou défrichées possédant des buissons bas dispersés et des arbustes dans un contexte herbacé.

Ces habitats favorables sont souvent linéaires, le long des routes de campagne, des voies ferrées, des cours d’eau et autres milieux humides (marais, étangs…), autour des cultures, surtout celles ayant une certaine hauteur comme les céréales, le colza ou la luzerne.

Enfin, certains espaces ouverts comme les pâturages avec buissons (genévriers, par exemple) et les steppes sont également occupés.
(Bien présente dans notre commune)

 

 

Comportement :

La Fauvette grisette est une grande migratrice qui passe l’hiver en Afrique au sud du Sahara.

Ses longs trajets migratoires demandent du temps en raison des étapes nécessaires pour reprendre des forces. De ce fait, elle arrive assez tardivement au printemps, dans la seconde quinzaine d’avril et en mai.

Sur les lieux de reproduction, c’est un oiseau vif, toujours en mouvement, mais qui passerait inaperçu sans sa voix, en raison de son habitat dense. Heureusement, le mâle chante souvent, perché en évidence sur une tige dominante ou lors d’un bref vol nuptial, la gorge blanche gonflée et les plumes de la calotte hérissées.

Le long des routes, il lui arrive de chanter depuis un fil électrique ou téléphonique. La femelle est beaucoup plus discrète.

 

 

  

Vol :

Sur les lieux de reproduction, la grisette se déplace d’un vol bas et direct, montrant le blanc de sa queue lorsqu’elle passe d’un buisson à l’autre.

Mais c’est en migration, de nuit, qu’elle révèle toute l’étendue de ses capacités de vol, bien que cela nous échappe.

 

 

Alimentation :

La Fauvette grisette est essentiellement insectivore en période de reproduction.

Les insectes sont majoritaires, en particulier les coléoptères, hémiptères et hyménoptères, mais le spectre alimentaire est très large et s’étend à d’autres invertébrés comme les araignées et même de petits mollusques.

Dès l’été, le régime devient également frugivore et le reste durant les migrations et le séjour en Afrique. Ce sont de petits fruits qui sont appréciés, comme les mûres des Rubus, celles des sureaux, des nerpruns, des cornouillers, etc. Les figues les intéressent également lors du passage.

 

 

Reproduction :

La Fauvette grisette est monogame et territoriale. Le mâle arrive en premier, choisit le territoire et cherche à y attirer une femelle par le chant, ce qui ne tarde pas car l’espèce est commune.

La femelle entreprend rapidement la construction du nid, très bas dans la végétation, à partir d’une ébauche du mâle ou non. Ce dernier apporte les matériaux de construction, tous à l’état sec : brindilles d’herbacées, feuilles de graminées et d’autres plantes. L’ensemble est assez grossièrement assemblé et mal fixé au support, mais la coupe est soignée, tapissée de fins éléments végétaux, de radicelles et de poils.

La femelle pond en moyenne 5 œufs blancs nuancés de vert et vaguement tachetés de brun olive. Le couple se partage l’incubation, qui dure une douzaine de jours, ainsi que l’élevage au nid pendant une durée équivalente.

Les jeunes ne s’émancipent qu’après 15 à 20 jours. Dans le sud de l’aire, une seconde ponte est possible.

 

 

 

Menaces :

L’espèce n’est pas globalement menacée et reste commune.

Cependant, au siècle dernier, à la fin des années 1960 et au début des années 1970, les populations de l’ouest du continent ont diminué en raison de la sécheresse qui a sévi dans la zone sahélienne d’Afrique de l’Ouest, aggravée par l’action humaine.

En Europe, des pertes d’habitats ont été constatées du fait des changements dans l’utilisation des terres agricoles (intensification des pratiques, destruction des marges incultes, des haies…).

On peut en conclure que l’espèce est probablement moins commune aujourd’hui en Europe qu’elle ne l’était il y a une cinquantaine d’années.

 

Version en vigueur depuis le 29 juillet 2014

Arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection.

 

  

 
Et pour consulter les anciens articles :

 

Le bouvreuil pivoine
La linotte mélodieuse
Le grimpereau des jardins
Le rouge-gorge familier
Le pic épeiche
La troglodyte mignon
La Bouscarle de Cetti
L'alouette
Le pic noir
Le geai des chênes
La fauvette à tête noire
Le grosbec casse-noyaux
Le coucou gris
La chouette hulotte
Le loriot d'Europe
Le rossignol philomèle
La bergéronnette printanière
Le Martin Pêcheur d’Europe
L'hirondelle
La sittelle

 

 

Michel Brugière est né dans un petit village de Touraine au bord de la Loire. Photographe amateur passionné par l’ornithologie depuis son plus jeune âge, retraité depuis 2003, il se consacre pleinement à la photographie de cet univers.

Sa passion naît très jeune : dès l'âge de 14 ans, avec un jouet en bois de sa propre invention imitant un appareil photo "clic clac", il prenait virtuellement en photo les animaux de la ferme de ses parents à Savigny-en-Véron, en Touraine.

Dès lors, il commence à économiser pendant sa formation d'apprenti maréchal-ferrant pour s'acheter son premier appareil photo, un véritable appareil bien loin du jouet en bois !

Le temps passe et sa passion se renforce. Il devient pompier professionnel à Rambouillet; la photographie animalière devient alors pour lui une respiration, un moment pour changer d’air, se ressourcer, et s’imprégner des couleurs et des odeurs du monde vivant.

 

 

"J'adore les milieux sauvages, marais, roselières, forêts, sentiers isolés et parfois les pelouses calcicoles pour photographier quelques orchidées et autres fleurs sauvages. Mon souhait, à travers mes prises de vues, est de partager l'existence des animaux, de souligner la beauté des plumages et de saisir l'instant d'une posture. Ma passion va bien au-delà d'un simple amusement aujourd'hui.

Je pourrais vous en parler pendant des heures, de mes souvenirs de prises de vues et de mes attentes interminables pour capturer l'image parfaite.

Des anecdotes, j'en ai plein ma besace : du martin-pêcheur au tétras lyre, en passant par le guêpier d'Europe et bien d'autres ; des levers à l'aube aux longues heures d'attente, des émotions extraordinaires...

 

Aujourd'hui, pris dans les filets de ma curiosité et de la beauté, je continue d'arpenter les chemins d'Eure-et-Loir et d'autres coins de France et vous propose de voyager avec moi à travers ces chroniques"